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jeudi 18 mars 2010

Filadelf Gorilla révélé (merci Gallica !)

chiromonkey.jpg.gif J.-L. Faure, Chiromonkey



Un grand merci à Norbert Gaulard, qui nous fournit ses notes sur le mystérieux Filadelf Gorilla.
Ex-mystérieux Gorilla devrions-nous dire puisque nous savons désormais qui se cachait sous ce pseudonyme étrange…

Filadelf Gorilla était donc Alexandros Themistokles Philadelpheus (1866-1954), le directeur de l’Acropole d’Athènes et de son musée jusqu’en 1920.

C’est sur Gallica, et dans une recension d’Auguste Michel donnée dans la Revue des études grecques, publication trimestrielle de l’association des études grecques, tome XII, année 1899, p. 342, comptes rendus bibliographiques), que se trouve l’essentiel de notre frais savoir sur le drôle d’oiseau :

39. PHILADELPHEUS (Alex.) Der Pan in der antiken Kunst. Athènes, (M. I. Saliberos) 1899, in-12, 23 p.
À la suite d’Immerwahr, Bérard, etc. M. Philadelpheus tient Pan pour un dieu solaire arcadien, dont le caractère pastoral et satyrique ne serait qu’une déformation postérieure, spécialement due à l’humour attique ; mais il n’explique nullement les causes de cette déformation ni des attributs pastoraux de ce prétendu dieu solaire. M. P. passe en revue les principaux monuments figurés relatifs à Pan, particulièrement le groupe de Florence (Pan et Olympe) qu’il attribue à Praxitèle et le « relief aux trois masques » qu’il commente ingénieusement. En revanche, ce qu’il dit des monnaies témoigne d’une grande inexpérience. Les statères d’Arcadie sont du IVe siècle ; les souvenirs archaïsants que M. P. y découvre (si nous comprenons bien sa pensée, p. 8) sont purement imaginaires. Sur les aurei de Panticapée, Pan n’est ni juvénile, ni humain ; on dirait que M. P. ne les a jamais regardés. En tout cas, il ignore l’admirable statère de Lampsaque où l’on voyait autrefois Actéon, mais où Furtwaengler a reconnu Pan. – Cette agréable œuvre de dilettante, écrite, nous ne savons pourquoi, en allemand, est dédiée au peintre Gysis et à « Mister (sic !) Gifford Dyer ». M. Philadelpheus qui, sous le nom de « Filadelf Gorilla », a écrit en français les mémoires d’un singe, est décidément un grand polyglotte. Auguste Michel.

Norbert Gaulard, qui a poussé l’enquête, nous révèle en outre ceci de la bibliographie de l’oiseau, pardon, du gorille :

Philadelpheus est l’auteur d’une quantité de guides et catalogues sur les antiquités grecques, et l’Acropole en particulier, mais aussi de : Critiques d’éminentes compétances (sic) sur “L’homme singe dégénéré”, le récent ouvrage de Mr Filadelf Gorilla (extraits des journaux français : Athènes, Papageorgiou, 1894, 16 p.).
L’Homme singe dégénéré a fait l’objet d’une publication sous son vrai nom à Athènes en 1949 (mention de 3e édition complètement refondue), ainsi que Critiques d’éminentes personnalités sur la 3e éd. de son ouvrage par Alexandre Fhiladelpheus (sic) (Athènes, 1950, français-grec, 78 p.).
Traduction anglaise : The Man Degenerated Ape ; notes and impressions of a Gorilla, across the Ancient and Modern World ; a completely revised English translation of the 3d French ed. by Prof. Georg Biggott, frontispice de l’auteur, préface de Mario Meunier, lettre de l’amiral Dr. A. Tanagra (Athens, G. S. Christou & Son, 1952) by Alexander (sic) Philadelpheus.

Alexandros Philadelpheus a préfacé :
J’ai cherché un homme de Laura Melamed (Paris, Editions de la Jeune Académie, 1936).
La Couronne de violettes de Josée Sekaly (Le Caire, Alexandrie, Aux éditions de la Semaine Egyptienne, s. d., 300 exemplaires).
Le peintre et l’homme de Spiros Vikatos (Athènes, s.n., 1938).
L’Âme de la Grèce de Nikolaos D. Aiginetes (Athènes, 1929).

Pour l’anecdote, Norbert Gaulard ajoute qu’il a fourni les photos de quatre objets antiques illustrant The Ape in Antiquity de William Coffman McDermott (1938).


Voilà un premier sauf décisif dans la connaissance de Filadelf Gorilla.

mardi 16 mars 2010

Fêter la Camarde

DeuilDicoMort.jpg



C’est ce soir que ce fête, au Motif (Paris XXe), la parution du Dictionnaire de la Mort des éditions Larousse.

On nous promet une fête vivante.

Nous allons vérifier, foi d’ectoplasme.

lundi 15 mars 2010

Fantaisie promotionnelle

debauches.jpg

samedi 13 mars 2010

Paris en songe

JacquesFabien.jpg



Jacques Fabien n’est pas le plus fameux des utopistes du XIXe siècle, c’est le moins que l’on puisse dire.

Assez peu fréquenté, son Paris en songe, qui avait manqué une réédition en 2001, reparaît le 17 prochain à l’enseigne des éditions Burozoïque qui se sont fait, grâce leur collection “Le Répertoire des îles”, une spécialité des utopies. Entre autres.

Pour ne rien dévoiler de trop de cette utopie socialiste particulièrement intéressante, annonçons que Jacques Fabien était un notaire des beaux quartiers qui prit en grippe le luxe du Second Empire.
Prenant le contrepied des apothéoses urbanistiques d’Haussmann, il rêva d’une capitale rendue aux petites gens.

Il serait probablement fort attristé de constater comment on chasse aujourd’hui de Paris jusqu’aux classes moyennes. Du songe de Fabien au cauchemar contemporain, il y a loin.

Une belle et bonne utopie méconnue à découvrir à un prix singulièrement modique.


Jacques Fabien Paris en songe. Postface de Jean-Pierre Arthur Bernard, avec neuf collages de Julie Jacob et Fred Chance. — Montrouge, Burozoïque, 2010, 104 pages, 8 euros



Rappel, dans la même collection, ce classique des classiques :

Louis-Sébastien Mercier Paris en l’an 2440, rêve s’il en fut jamais. Édition présentée par Michel Lallement et illustrée par Delphine Dupart. - Montrouge, Burozoïque, 336 pages, 17 euros

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