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Ecrire en Afrique
Nouvelle
30 avril 2003, par Nafissatou Dia Diouf
La ville avait ces tons grisâtres de matinée d’hivernage où le soleil tentait une percée désespérée sous la chape des nuages. Par fournées entières, des cars Ndiaga Ndiaye débarquaient des bidonvilles verruqueux une mer d’employés, de mendiants, de badauds sur les trottoirs déjà investis par une armée miséreuse d’éclopés bruyants. Le ventre de la ville aspirait dans ses boyaux toute la gangue humaine à la recherche utopique de fortunes diverses.
Lui : Du haut de mon perchoir, je voyais (…)
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Ecrire en Afrique
Nouvelle
23 avril 2003, par Tanella Boni
Merci d’être revenu à la maison, je ne pensais plus te revoir. Je baissai la tête, je n’avais pas de réponse à te donner. Tu me disais que j’étais têtu comme une mule. Avant mon départ, je croyais que le paradis pouvait exister quelque part. Là où on ne travaille pas beaucoup et où l’on gagne plein d’argent. Là où l’on mange à sa faim et fait la fête quand on veut. Là où les enfants vivent près de leur père et de leur mère qui les aiment beaucoup… Je rêvais du paradis, tu te souviens ? (…)
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Littérature africaine
21 mars 2003, par Marie-Léontine Tsibinda
Je tourne le bouton de mon poste radio pour prendre la température de la ville avant de sortir. La musique rit avec la vie. Ce rire trompeur me fait battre le coeur d’une manière accélérée. Ensuite la tristesse s’installe à la place du rire. C’est la liste des communiqués nécrologiques. Aucun nom connu. Je respire et la musique qui rit revient. J’esquisse quelques pas de danse. Le coeur suit le mouvement avec des minutes de retard. Alors, je sors de ma chambre, prends un seau, le remplis (…)
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Littérature africaine
20 mars 2003, par Rabiatou Njoya
Il est difficile d’oublier à jamais l’image de cette femme portant une calebasse à la surface polie par l’usage et la bordure écorchée avec l’âge. La calebasse était pleine d’eau et reposait sur sa tête à l’aide de quelques chutes de tissu qu’elle avait enroulées elle-même avec des ficelles trouvées au hasard des coins de sa case. Les visiteurs qui se trouvaient dans la Range Rover avaient aperçu la silhouette de cette femme depuis fort longtemps au fin fond de l’horizon, au milieu de cette (…)
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Ecriture africaine
Entre amour, larmes et lynchages, la violence explose
15 mars 2003, par Ghislaine Sathoud
Pourquoi les veuves n’ont-elles pas le droit de vivre en paix ? L’étonnante mort de Lucienne Tsoumou dérange. On s’interroge. On se demande pourquoi, et comment, un acte si odieux a pu se produire. Quelle est la véritable raison de ce crime gratuit ? Et comment ne pas faire de cauchemars en pensant que cela peut ne pas arriver qu’aux autres ? Personne ne peut prétendre être à l’abri. Personne. Que reproche-t-on à toutes celles qui subissent des mauvais traitements de la part de leur (…)
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Ecritures africaines
10 mars 2003, par Ghislaine Sathoud
Mounami était heureux de me voir. Le salon était comble. C’était là une bonne occasion de penser au pays, de rencontrer du monde et de sortir de la solitude, ne serait ce que pour quelques instants. C’était là une occasion d’échanges permettant d’oublier un peu les frustrations des exilés que nous étions. Malheureusement, on ne peut pas se le cacher, c’était aussi dans ces rencontres que commençaient les commérages… Alors, me disais-je, je serai discret. Je resterai tapi dans un coin. Je (…)
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Littératures africaines
10 mars 2003, par Ghislaine Sathoud
Je me souviens toujours du jour où j’ai quitté mon pays. Je suis à l’étranger depuis cinq ans. Depuis cinq ans, je ne suis jamais retourné au pays. Depuis cinq ans, je n’ai jamais revu mes parents. Depuis cinq ans, je discute avec mes parents seulement par le biais du réseau téléphonique. Heureusement que le réseau téléphonique existe. J’aimerais pourtant revoir ma famille. La vie est très difficile ici. Je me bats comme un forcené pour résoudre mes difficultés quotidiennes d’abord. Je (…)
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Ecriture africaine
7 mars 2003, par Nafissatou Dia Diouf
Octobre 1982
J’étais assise sur cette pierre rugueuse, au milieu de cette forêt. Comme si j’en étais un élément naturel, insignifiant mais à la fois indispensable à son équilibre. Comme toute plante, toute liane qui poussaient là, presque par hasard, dans une confusion apparente, délicatement enchâssées les unes aux autres. Et j’écoutais avec application le dogme magique des mots de Mame Soukey[1] qui me pénétraient comme cette pluie fine que buvait la terre. Eût-elle su que j’appelais (…)
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Littérature africaine
7 mars 2003, par Mariama NDoye
La salle du tribunal bruit de mille rumeurs. Aujourd’hui une affaire de divorce à traiter. Etrange. On vient rompre devant la justice des liens qui n’ont pas été noués devant elle. Le mariage en question est coutumier. Il a été célébré à la mosquée. Cependant, si pour le rompre on a recours aux juges et aux avocats, c’est qu’il y a eu, en sus du préjudice moral, tentative d’escroquerie. Nul n’ignore que quand les biens matériels entrent en jeu, les arrangements à l’amiable font long feu. (…)