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Littérature estonienne contemporaine
Nouvelle
7 novembre 2003, par Mati Unt
À mon père
Ma grand-mère marchait courbée en s’appuyant sur un bâton. Je demandai un jour à ma mère si on ne pourrait pas la redresser. Elle me répondit que non et m’interdit de répéter des choses pareilles. À cette époque, je pensais encore qu’il était possible de redresser ma grand-mère. Plus tard, je compris tout, et lorsque je la vis enfin droite dans son cercueil, cette image se grava en moi à jamais. Aujourd’hui encore, il me vient au-dessous du cœur une légère sensation de (…)
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Littérature estonienne contemporaine
Nouvelle
7 novembre 2003, par Mati Unt
Cela se passait au début du printemps. Nous étions trois, ce jour-là, assis à une table du Chat d’or, le célèbre lieu de rendez-vous de l’intelligentsia créatrice tallinnoise : une actrice, un designer et moi-même.
Je venais de rentrer d’un voyage à l’étranger, gagné à un concours. J’avais visité un pays ami des Balkans et avais maintenant beaucoup de choses à raconter : les pommiers en fleurs à une époque de l’année où, chez nous, la neige n’a pas encore fondu, l’hôtel de luxe (…)
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Littérature estonienne contemporaine
11 juin 2003, par Arvo Valton
Vers midi, un homme de haute taille, vêtu d’un costume défraîchi et d’une cravate, arriva dans la salle d’attente de la gare. Il s’avança à travers les rangées de voyageurs et alla se placer dans le coin le plus reculé. Après avoir posé son sac à dos vert sur le parquet sale, il demanda aux gens installés sur le banc voisin d’aller s’asseoir ailleurs, puis il tira dans le coin le banc laissé libre. Il sortit ensuite un livre de son sac à dos, monta sur le banc et commença à lire à voix (…)
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Littérature estonienne contemporaine
Nouvelle
11 juin 2003, par Indrek Hargla
Peter Modano rentra sa voiture au garage, grimpa l’escalier qui menait à la cuisine et prit dans le frigo sa première bouteille de bière. Quinze minutes après, très exactement, on sonna à la porte. Ce devait être le voisin, Roberto, avec ses problèmes de clôture, ou peut-être un représentant. Beatrix n’arriverait que dans deux heures avec les enfants, et elle avait la clé. Elle avait toujours la clé, comme si cela signifiait encore quelque chose. La sonnette annonçait en tout cas une visite (…)
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Littérature estonienne
Nouvelle
11 juin 2003, par Kerttu Rakke
J’ouvre les yeux. Un mur. Tapisserie familière. Donc maison. Respirer avec soulagement ? Yeux gonflés. Je peux voir mes paupières inférieures. Me suis encore couchée sans me démaquiller. Je me retourne sur le dos. Plafond. Après ce mouvement, impression qu’on m’a transpercé la tête avec un couteau. Je referme les yeux. K. s’est réveillé aussi. Je m’en rends compte lorsque sa main commence à bouger sur mon ventre.
Hier, on s’est encore battus. Ça me revient. Est-ce que j’ai des bleus (…)
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Littérature estonienne contemporaine
Nouvelle
10 mai 2003, par Mati Unt
Dimanche
les mets n’avaient plus pour nous ni goût ni parfum, la soirée était creuse et nous avons décidé ma femme et moi d’aller au restaurant, d’autant que le lendemain nous attendait un voyage dans les îles de l’Ouest, la dernière partie, la partie décisive de nos congés d’été. Au restaurant, en dépit du cognac, je suis resté silencieux ; j’ai regardé par la fenêtre la mer et j’ai tenté de me remémorer une circonstance insignifiante, un fugace souvenir de mer qui s’était inscrit en moi (…)
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Littérature estonienne contemporaine
17 février 2003, par Jaan Kaplinski
[1]
[Début du récit] Dimanche
Aujourd’hui j’ai réalisé que ça ne peut plus durer très longtemps ainsi. Les vivres me permettraient de tenir encore un an environ. C’est une vraie forteresse, ici. Mais les caméras de surveillance m’ont permis de repérer des silhouettes menaçantes qui évoluaient autour de notre jardin. Je ne sais pas si c’étaient des voleurs ou des policiers en civil.
Il me semble que je n’ai plus beaucoup de temps. Je savais qu’il y avait de grandes chances pour que (…)
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Poésie estonienne contemporaine
14 février 2003, par Ilmar Laaban
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Littérature estonienne contemporaine
12 février 2003, par Jüri Ehlvest
Suis-je vraiment un chaman ? me demandais-je par cette journée ensoleillée, en faisant mon sac pour abandonner l’agréable rue Berlioz et prendre le chemin de la Catalogne. Je partais cette fois dans une tout autre disposition d’esprit que lorsque j’avais quitté, quelques semaines plus tôt, ce satané hôtel Sheraton de Copenhague…
J’avais dû, au bout du compte, payer la note moi-même. Ces sales chiens - j’avais fini par l’apprendre - n’étaient pas des Allemands, malgré leur nom, mais des (…)
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Littérature estonienne contemporaine
Extraits
11 février 2003, par Jaan Kaplinski
(…) Un ami norvégien m’a raconté l’anecdote suivante. Son frère avait étudié quelque temps aux États-Unis. Les Américains lui demandaient tous les jours : How are you ?, et lui répondait : I’m fine. Un jour cependant, comme il ne se sentait pas très bien, il voulut en faire part à son interlocuteur. Je ne sais pas précisément en quels termes, mettons : I’m not fine today. Mais l’autre répondit joyeusement : O it’s great, ou quelque chose dans ce genre-là, exactement comme d’habitude. Il (…)