« Ce n'est pas ce qui est, mais ce qui pourrait et devrait être, qui a besoin de nous »
Cornelius Castoriadis
Extraits
Littérature française contemporaine
lundi 3 décembre 2007, par Joël Roussiez
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Joël Roussiez, écrivain contemporain, nous donne à lire et à entendre un extrait de son livre inédit Pirate Farfali.
Extrait de : Anecdotes et joyeux propos biographique du Pirate Farfali ; hors commerce.
Photographie : Charlie bosmore, license Creative Commons.
À l’aide du lecteur multimédia situé ci-dessous, vous pouvez écouter la lecture du texte par l’auteur, tout en lisant le texte.
Dans son jardin, car il eut un jardin, il se baguenaudait nu comme le ver Adam balançant négligemment le robino en marchant cherchant à se le faire effleurer par des herbes sans pudeur, on eut dit le paradis tant les têtes des herbes semblaient y prendre plaisir, du moins, c’est ce que le Pirate pensait sans l’avouer à son petto et sans y croire non plus ; cependant cela lui procurait un tel plaisir qu’il devait bien en être de cela comme de beaucoup d’autres choses qu’un peu de vérité s’y trouvait, ainsi c’était donc paradis « pardi ! » En cueillant les petits poids, il frottait comme salaud son ventre au végétaux mais il arriva qu’un jour il y eut une guêpe qui se mit à tourner autour du robinet, le Pirate ne craignait pas la mort nous l’avons dit, pas plus qu’il ne craignait le guêpe mais la guêpe sur le robino avait de quoi faire fléchir sa volonté de ramassage de pois du côté de l’abandon de la tâche qui n’était cependant pas arrivée à sa fin. Il se dit en petto qu’il reprendrait le travail plus tard et s’occupa dès lors de la guêpe et du robino, curieusement l’engin se dressa un peu, pourquoi aller savoir ce qui attire en la guêpe est-ce l’analogie qui nous prend par la taille et donc le langage car sur ce point l’animal, il faut le dire ne ressemble en rien à une demoiselle, il n’a pas de croupe, ce qui est essentiel à l’attirance, ou bien dégage-t-elle, la guêpe, de la phéromone comme un chacun et excite ainsi l’organe ? Nul ne le sait cependant que le rigolo se dressa, voilà le fait qui aussitôt fut suivit par un plissement des yeux comme en proie à nirvana qui attesta de la concentration subite qui saisit Farfali. Mais qu’avait-il en tête ?
Voyez-vous lorsqu’un navire croise au large et que par hasard il est notre ennemi, nous nous approchons doucement jusqu’à ce qu’il soit à portée de nos canons ; ensuite il nous faut le mettre en mire et pour cela nous réglons les affûts.
Cela se passe-t-il entre des caisses ?
Non, point du tout, n’avez-vous jamais été artilleur ?
Non point. Donc pour prendre position, nous réglons les affûts qui sont comme des fûts, si vous voulez ou, bien, je ne trouve pas d’exemple… Bon imaginez un canon, un canon c’est un affût qui repose sur un châssis… bon, regardez par là en bas. Vous voyez cela ?
Oh, Capitaine… !
Farfali donc pointait le fût du rigolo et aussitôt que la position lui parût bonne, il pissa comme cheval ; cependant le jet un peu court ne fit aucun dégât et la guêpe qu’on dit maligne voulut aussitôt en profiter pour boire à cette source car il faisait chaud ; cependant amer était le breuvage et elle en crachat de dépit qu’on ne l’y reprendrait plus à boire du jus de robino. Cependant ce crachat, bien inutile il faut le dire, ralentit son mouvement de retrait lorsque arriva une goutte isolée qui la propulsa contre un lézard qui refusa de la croquer tant l’odeur du pissat lui remonta l’estomac qu’il eut aussitôt dit que fait dans les talons, ce qui fait courir à Chille, on le sait. Que le lézard refusât une loi de la nature et c’est la nature qui foutait son camp ! Mais quelle était la cause de cela ? La faute au pissat, et au Pirate conséquemment, cependant peut-on dire que le Pirate de son pissat fut responsable dans la mesure où il accomplissa-là un besoin naturel autant dire une loi, une obligation à laquelle nul ne dérobe sans pâtir aussitôt des conséquences terribles que la marâtre inflige avec le fouet. Cependant, il faut ajouter que le Pirate n’avait aucunement envie de pisser lorsqu’il visa la guêpe et que conséquemment, on peut lui attribuer la responsabilité de l’acte. Cette solution facile permettrait de sauver le lézard de la punition funeste qui l’attend chez le chef des lézards. Il en argue pour sa défense mais le chef n’est pas bête –bien qu’il le soit génériquement, cela va de soi- il donne sa sentence irrévocable : qui refusa la guêpe mérite pugilat. En effet, le chef avait raison car si la nature dénature qui mangera les guêpes dont ne veulent les lézards ; conséquemment qui sera piqué davantage qu’il ne faut et qui re-conséquemment mourra prématurément déséquilibrant l’harmonie initiale ? Nous et toi et beaucoup d’autres aussi, les bœufs en souffriront comme cheval de coche et d’ici à ce qu’ils démolissent la barrière, plus d’élevage alors car croyez-vous que la chèvre et le mouton échapperont à la piqûre ? Seul, il faut s’en convaincre le rhinocéros en sortirait si bien qu’il proliférerait sans qu’on le puisse traire, les gants de cornes n’étant pas inventés parce qu’il paraît que les doigts s’y trouvent gourds ; et où trouverait-on de la corne ? Chez les mêmes qui récalcitrant à la donner gentiment fonceraient inévitablement dans les hordes humaines qui se verraient ainsi absurdement rayées de la carte du globe autant dire du cosmos « et où dès lors vivraient les lézards puisqu’il n’y aurait plus de murs construits, sans compter que la prolifération des rhinocéros engendrerait une prolifération de destruction de murs existants et une prolifération de pas broyeux sous lesquels l’espèce lézardeuse disparaîtrait atrocement »… « Oui mais, argue le lézard, il se pourrait qu’un couple de cosmonautes se trouve, à cet instant tragique où le monde varié des espèces disparaît, dans le cosmos et que pour faire expérience de gravitation, ils aient emporté un couple de lézards et que les uns et les autres s’accouplant, ces espèces seraient sauvées sous les deux espèce. Ainsi… » Mais le chef des lézards lui demanda alors ce que mangerait les lézards et le petit dégoûté du pissat prétendit qu’ils mangeraient de la bouillie par les hommes fournie. Le chef fit alors remarquer que la nature alors aurait bien foutu son camp, c’est-à-dire que les gènes ne serviraient plus à rien, réduit ainsi, on en perdrait ses dents comme il arriva aux poules de les perdre sans les retrouver jamais… C’est la morale.
Farfali sourit en poète, la guêpe se traînait dans le pissat dégoûtant sur le caillou rude d’où s’en était allé se faire juger le petit lézard des campagnes et accroupi ainsi, il sentit sous les fesses la caresse du vent qui lui dressa le rigolo pour la seconde fois. Cela lui fit du bien et il s’occupa de lui comme s’occupa la main la marquise en lisant un livre qu’elle tenait de l’autre. Cependant au moment même où tout semblait venir comme eau claire ou jus de treille pressé de grappe, une fourmi fit la morsure sévère en un replis de peau -dans lequel elle se sentit coincée d’un mouvement subit de notre Pirate qui d’accroupi qu’il était banda le torse comme Artaban afin de mieux dresser le mat et ainsi applaudir intérieurement, ce qui facilitait la venue de l’eau comme chacun sait car elle est contentement de soi, faut-il tout expliquer !- la morsure aussitôt dégonfla le ballon des extases subjectives (n’est-ce pas beau !) et la main agitée quitta le manche pour l’endroit et gratta. Cette gratte aviva le gratta mais la personna s’en contenta et l’on reprit le mouvement tandis que la fourmi cahin et caha se trouve estourbi un peu de l’effort de lâcher de venin ainsi que de la compression qui avait précédé. Elle titube donc et s’en vient comme pet longer la vallée des fesses tranquillement en un chatouillis qui contente légèrement malgré l’anxiété que provoque toujours la porte de derrière ouverte à tous les vents. Cette légère anxiété préoccupe l’esprit qui ne peut dès lors accepter de se déposséder de sa vigilance et retient le lait contre son gré en une crispation que tout le monde connaît, délire de la volonté ou perversion, allez savoir pourquoi les choses nous échappent lorsque trop on les veut ce qui donne raison à Tao de ne pas vouloir ce qu’on veut si bien qu’ainsi le monde se donne, mais peut-on dire dès lors qu’il donne quelque chose le monde puisque nous n’en sommes dès lors plus séparé et que cela revient à donner de la main gauche à la main droite tendue…Le sens du verbe donner alors ne change-t-il pas et lorsque nous disons tranquillement que le Pirate se donnait du plaisir n’abusons-nous pas du langage car c’est bien la main droite qui donnait au manche qu’elle retroussait ? La fourmi pendant ce temps progressait entre les poils drus et l’odeur féconde, elle s’enfonçait en cette forêt avec la folie de l’enivrement stupéfiant si bien qu’elle s’efforçait d’écarter les miches autant dire montagnes avec ses petites pattes sans parvenir à rien, l’odeur cependant l’enivrait chaque minute davantage et elle parvenait à avancer un peu mais soudain, il se fit un mouvement, la fesse de molle devient dure et ceci la coinça la fourmi si bien qu’elle recourut à sa célèbre défense de pique, elle piqua donc et le Pirate « nom de d’là ! » se cabra si bien qu’il écrasa l’insecte comme fromage d’Ambert. Mais le mal était fait la montée de lait se vit arrêtée en sa progression manifeste et le Pirate se crispa et se grata la raie ; l’expression dit tout et l’essentiel : « il eut à se promener nu son plaisir dans le cul ! » Cependant tout ne s’arrêta pas là car une fois la gratture passé le mat toujours prompt au garde-à-vous était toujours là comme canard narguant la créature qui alors l’empoigna pour la troisième fois.
Or le vent soufflait derrière son dos et allumait en lui les plaisirs les plus vifs, il hochait le mat comme on pigne l’ours au moment du combat et le vent, et le vent lui ébouriffait l’esprit qui suivait comme il peut le corps tout émoi et rougeur, le corps plus que le corps se hissant, faut-il le dire au plus haut des degrés du ciel, faut-il dire le septième pour être juste avec tous et répondre par le commun à cette situation d’exception ; le corps donc tendu jusqu’au spasme s’apprêtait à lâcher pour rien une semence féconde et le vent jouait à parfaire l’élan lorsque subitement l’esprit en un tour curieux se mit à réfléchir à la force du vent et se demanda scientifiquement ce que ça pourrait donner comme longueur de jet étant donné le vent, ça va de soi ; car si l’on ajoute à la forte pression des ballons contraints par l’érection celle, légère certes, mais puissante du vent on devrait atteindre dans les deux mètres cinquante, si l’on compte très bien… « encore faut-il que la main au bon moment propulse d’une secousse pile et poil le lait ! » l’esprit se gaussait donc du corps en s’occupant de calcul sans résultat, ni fondement et le corps arqué comme une corde de guitare semblait en être retenu lorsque par un virement du sort ainsi qu’on en voit en bataille où, suivant Bussy-Rabutin « Dieu est du côté des gros escadrons contre les petits », l’esprit par esprit de conséquence se concentra sur la main ce qui ramena au corps évidemment, la paume fit sentir sa chaleur le sang afflua et c’est le corps qui gagna « aléa jacta est », c’était le cas de le dire, les aléas avaient parlé.
De cette expérience donc du nu, anecdote parmi tant d’autres, il en sortit du bon car le Pirate en conclut logiquement que le corps est un gros escadron.
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