
Roberto Veracini vit à Volterra où il est né en 1956. Il a publié deux autres recueils de poésie : "La ragazza in bianco" (La fille en blanc) en 1985, "Stazioni, attese" (Gares, attentes) en 1990, et, en 1992, un guide poétique de Volterra, illustré par le peintre Stefano Tonelli. Il a collaboré à diverses revues littéraires dont une de poésie "Pioggia obliqua" (Pluie oblique) dont il fut un des fondateurs en 1993. Il a été aussi responsable, pendant plusieurs années, de la section poésie du prestigieux festival Volterrateatro. En 2001, il a publié "Epifanie dell’angelo", son premier titre à être traduit en français.

ÉPIPHANIES DE L’ANGE est un livre dans lequel le lecteur entrera, dès le début, guidé par les premières lignes, en prose et en italique, qui ont une espèce de fonction propitiatoire : et il se trouvera tout de suite dans un univers poétique compact, nécessaire, animé d’une volonté précise de dire. Roberto Veracini part d’une idée du lyrisme qui appartient à une lignée toscane et florentine, de Luzi à Carifi. Mais il en donne tout de suite une modulation très personnelle, dans un langage qui, pour la première partie du livre se manifeste comme un contrat, pointu, vertical : tellement vertical et pierreux, tellement abrupt et en même temps tellement traversé par le vent qu’il fait penser immédiatement à la ville de l’auteur, cette Volterra que j’aime tant, et, je crois, bénie pour sa forme sévère, constellée de poésie, ici évoquée dans « la Cité-navire ». Ce lyrisme si intense peu à peu se dilate et donne voix à une inspiration non pas moins profonde, mais familière, chorale, dans des textes parmi lesquels je voudrais au moins rappeler « Tu aurais dit la poésie, jadis » que je trouve très beau et ceux de la section intitulée « Dédale et le vent ». Là l’accent est plus détendu, plus subtil, et le lecteur se trouvera encore plus impliqué dans un dialogue soutenu avec l’essence même de la poésie. Préface de GIUSEPPE CONTE

1.
Protège-moi si je rêve la nuit
si je remue la tête, si mes os se replient
exilé dans je ne sais quel royaume
où je retiens le monde qui s’écroule sur moi,
j’attends de toi un signe,
au moins un souffle
dans l’ombre
2.
Je t’entends à nouveau, quelquefois,
dans les ténèbres de l’horizon
lorsque la vie m’échappe, informe,
aux mauvais plis des jours
et que l’âme espère en vain
prendre son vol
3.
Et s’il y a du vent nous partirons
comme les oiseaux sans espoir de retour
nous verrons tes ailes à l’horizon
4.
Fais-toi entendre lorsque je n’entends plus
rappelle-moi chaque jour
qu’il est jour et que l’on ne vit
qu’une fois pour toujours
5.
Ils rôdent comme des ombres
et pourtant il y a d’autres lumières -
dans l’au-delà du monde
toujours présents
6.
C’est lorsque cesse la rumeur
et que s’éclaire l’univers
rapportant des preuves sûres, irréfutables
7. Oh nuit, oh rêves,
qui me pousse à la dérive ?
Qui me sauve de ce flot ?
Accordez-moi une trêve
que je puisse - un jour - au moins vous chercher


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