À propos de Draguer l'évidence de Pascal Poyet par Eric Pesty
Dans la continuité logique de son travail d'écriture, Pascal Poyet soutient que la densité de sens fait le poème, en vers ou en prose. À cette thèse, chaque livre apporte une nouvelle démonstration, déterminé qu'il est par le choix d'un vocabulaire singulièrement limité : constellation éparse de vocables dont il s'agit de déployer, par la mise en œuvre d'un projet syntaxique adéquat, le potentiel polysémique. La densité de sens résulte d'un double mouvement : le dépouillement calculé de la palette verbale à quoi répond, sur un plan sémantique, la saturation programmée des termes retenus.
D'un tout autre point de vue, on pourrait comparer chaque livre de Pascal Poyet à un théâtre, où évoluerait un nombre réduit de mots-personnages : une colonie souple d'individus linguistiques, une structure de « résidents susceptibles ». C'est la sociabilité de ces mots-personnages qu'il s'agit d'interroger, leur capacité à vivre ensemble dans les phrasés proposés ; ou encore, pour reprendre un concept élaboré par Roland Barthes dans son premier cours au Collège de France, leur idiorrythmie. Chaque livre est le théâtre de cette sociologie, autant que le récit de cette expérience. Expérience utopique, vouée à l'inachèvement, mais qu'il reviendra au livre suivant, moyennant une nouvelle délimitation du théâtre et donc un choix différent du vocabulaire, de renouveler. Je ne dirai pas que, de livre en livre, se décrit une biographie de leur auteur. http://www.ericpestyediteur.com/bul...
La veilleuse- Littérature française contemporaine, par Stéphane Padovani
En juin 2007, les éditions Quidam faisaient paraître le livre La veilleuse, de Stéphane Padovani. Stéphane Padovani avait auparavant fait paraître deux livres, aux éditions Bérénice : Chiens de guerre, et L'homme des bois. La veilleuse est le troisième roman de Stéphane Padovani. La transmission, l'adoption mutuelle des êtres et des mots sont au cœur de ce récit. Stéphane Padovani y poursuit, sur un fil toujours tendu, des itinéraires intimes pris dans la marche du monde. Extrait de la présentation (...)
Les récits de Tcherkaski- Extrait, par Yordan Raditchkov
Yordan Raditchkov, décédé en 2004, fut l'un des plus grands écrivains bulgares contemporains. « Capable de dénicher la sagesse au fond de la naïveté quotidienne, l'intelligence cachée sous les haillons de la stupidité, le délire poétique déguisé en bon sens simpliste et en entêtement bourru » (Claudio Magris), Yordan Raditchkov a vu ses livres publiés en France par la maison d'édition L'esprit des péninsules. Le texte qui suit, intitulé Le renard qui faisait le mort est extrait des Récits de Tcherkaski, (...)
Vendredi Saint, Rouge à lèvres, Sucettes au citron vert- Extraits, par Carl Watson
Le texte de Carl Watson, écrivain américain contemporain, est inédit à la lecture en français. Il est publié à l'occasion de la parution d'un receuil de récits de Carl Watson, « Sous l'empire des oiseaux », édité en France par les éditions Vagabonde. Le travail de Carl Watson est lié aux expérimentations de musiciens de jazz sur le langage musical. A l'opposé de la narration classique, qui assure la continuité mentale du lecteur, les envolées de Watson rebondissent au gré d'une inspiration née de (...)